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Un résumé de la vie de Mme Henriette Bonin...

C’est le 7 Août 1899 que naît à Saint Pierre Henriette Gravé, fille d’Henri Gravé, agent voyer, et d’Alice Béchet, son épouse. Leurs grands-pères à tous deux sont des Normands ayant fait souche dans nos îles.

Après un passage à “l’Asile”, (comme on appelait alors la maternelle) tenu par les Soeurs de Saint-Joseph de Cluny, elle entre en 1905 à la grande école, tenue aussi par les Soeurs, car il n’y a pas alors d’enseignement laïc pour les filles à Saint Pierre.

C’est une enfant très sensible qui a le malheur de perdre son père décédé d’une pneumonie, alors qu’elle n’a pas encore sept ans. Et c’est cette même année 1905, fin septembre, que les institutrices laïques remplacent les religieuses dans l’école de la rue Borda, et que son grand-père Béchet l’y conduit. Ce grand bâtiment, toujours debout, a d’abord abrité l’Ouvroir, puis de nombreux services et le Musée.

Les années passent… En 1912, l’école des Filles quitte la rue Borda pour s’installer dans la grande école des garçons que les Frères de Ploërmel ont dû abandonner en 1903 et qui est assez vaste pour y accueillir les élèves des deux sexes, garçons d’un coté, filles de l’autre.

Henriette y poursuit sa scolarité sans difficultés; elle est passionnée de lecture et c’est une bonne élève qui se présente, en juillet 1914, à l’examen du Brevet Elémentaire, diplôme hautement coté, qui couronnait alors, et depuis quelques années seulement, la fin des études dans la colonie. Elle est la première sur la liste des admis ce 3 juillet 1914 et commence l’année suivante sa carrière d’institutrice qu’elle poursuivra jusqu’à sa retraite en 1959.

Nommée à Miquelon en 1919, elle y rencontrera son futur époux, Marcel Bonin, originaire de Saône et Loire, élève-maître de l’Ecole Normale de Mâcon et qui, engagé volontaire dans la Marine, a été détaché à Miquelon par le commandant de son navire pour y établir le premier poste de T.S.F.

Elle l’épousera deux années plus tard et ils poursuivront ensemble leur carrière d’enseignants laïcs, d’abord à Miquelon, à l’Ile aux Chiens puis au cours complémentaire à St. Pierre, dans la classe qui prépare au Brevet Elémentaire.

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Henriette et Marcel
avec leurs élèves
à l'île aux Chiens
(île aux Marins)
vers 1935.

En 1940, après la défaite de la France et l’appel du géneral de Gaulle, ils en deviennent tous deux de chauds partisans. L’Administration de Bournat qui reçoit ses ordres du gouvernement de Vichy, insiste alors pour que Madame Bonin, qui enseigne l’histoire, fasse dans sa classe l’éloge du Maréchal Pétain. Elle refuse à plusieurs reprises de s’exécuter, si bien qu’on l’oblige à prendre un congé qui l’éloignera de l’enseignement: l’arrivée des Forces Francaise libres dans nos îles, le 24 décembre 1941, mettra évidemment fin à cette situation.

Marcel Bonin décède malheureusement en 1945, alors qu’il n’a pas encore quarante six ans, et son épouse continuera seule à assumer ses fonctions de Directrice de l’Ecole des Filles, et d’enseignante de français et d’histoire: plusieurs générations de St Pierrais ont été ses élèves.

Mme Bonin s’éteint à St. Pierre le 15 mars 1985 et quelques années plus tard, monsieur Albert Pen, alors maire de St. Pierre et qui fut son élève, décide d’honorer sa mémoire en donnant le nom de “Groupe Scolaire Henriette Bonin” à la nouvelle école située route de Ravenel.

Livres écrits par Mme Bonin :
- Saint Pierre et Miquelon, guide historique et touristique aux éditions Leméac en 1970.
- Caniques et boules de romequin, livre de souvenirs édité à compte d’auteur en 1984.
Marcel Reux,
petit-fils d'Henriette Bonin

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